Dans certains lieux, ils ont un petit classeur avec plein d'explications sur le fonctionnement du lieu d'une manière générale, mais aussi ce qu’on va retrouver comme machines. Avec souvent des images qui permettent de se repérer.
J’avais aussi visité un lieu avec différents espaces : un espace dédié au recyclage, un espace avec les machines, un espace tissu, un espace bois... Et il y avait des panneaux qui expliquaient de manière assez vulgarisée ce qu’était chaque espace. Et j'avais trouvé ça cool parce que quand tu débarques et que tu dois commencer par poser mille questions pour comprendre, ça peut te faire sentir mal à l'aise. Avec l’affichage : t'as les explications, tu peux voir par toi-même et ça te permet d’être plus autonome dans le lieu, de te repérer plus facilement.
D’autres fablabs se posaient la question d'utiliser des pictogrammes. C’était pas forcément par rapport au public allophone, mais avec la volonté d'être inclusif dans l'utilisation de la langue car ce sont des lieux très masculinisés et se pose la question de l'inclusion de genre. Donc comment par l'affichage on va traiter cette problématique et essayer d'être inclusifs, en ne mettant pas que des pictos qui renvoient à des hommes par exemple. […] Aujourd'hui, t'as aussi des fabmanagers, notamment des plus jeunes dont certains ont été formés dans des contextes plus réflexifs, qui font attention à avoir un langage plus inclusif et qui vont dire “les personnes”, “les filles et les garçons”, “les usagères et les usagers”. Qui font vraiment attention aux mots qu’ils utilisent.”
Pour aller un peu plus loin sur la communication accessible, la designeuse Rosalie Blanc, spécialiste des supports d’apprentissage linguistiques, nous offre quelques conseils pour communiquer sur un évènement, éditer des cartes pour se déplacer ou des formulaires d’inscription :
D'abord, utiliser le FALC - Facile à Lire et à Comprendre. Ça inclut des recommandations de rédaction (phrases simples, répéter les noms plutôt qu'utiliser des pronoms) et de mise en page : police sans empattement, minimum corps 14, mise en page aérée, aligner le texte à gauche.
Ensuite, bien hiérarchiser les informations pour qu'on comprenne directement de quoi parle le document.
Enfin, utiliser des codes couleurs toujours identiques pour créer des repères visuels. Et quand il y a des images, privilégier des illustrations explicites plutôt que des pictogrammes, qui sont déjà une forme de lecture et pas forcément compréhensibles pour tout le monde.
Et parfois, comme nous l’ont partagé l’équipe des Ateliers 04 et Adélaïde Albouy-Kissi, pour bien communiquer mieux vaut ne pas tout communiquer ! Par exemple, concernant un atelier de fabrication numérique, communiquer sur le côté numérique peut freiner certaines personnes et il peut être préférable d’insister sur l’aspect création et faire ensemble.