Pour un groupe multilingue, il est particulièrement intéressant de proposer des actions où l’acte de faire est aussi, voire plus fort que la parole :
Pour le côté interculturel, ça aide énormément d'avoir des activités où le focus n'est pas sur la langue qu'on parle mais sur quelque chose qu'on fait ensemble. Ça permet à des gens qui parlent différentes langues de participer aux mêmes événements sans forcément avoir l'accent mis sur la communication verbale.
Anne-Charlotte Oriol partage ce constat, ajoutant que ces actions deviennent ainsi des espaces où la langue s'apprend autrement, à travers les liens et les solidarités qui se construisent dans le groupe :
C'est d'autant plus intéressant que dans les espaces du faire, le fait de "faire", de passer par les gestes, peut permettre d'outrepasser les barrières linguistiques. On peut travailler ensemble sur des choses, et même si on parle pas forcément la langue – jusqu'à un certain point – on peut aussi faire ensemble et se montrer comment réaliser certaines activités.
Participer à des ateliers comme ça, c'est aussi un exercice, c’est aussi une manière d'apprendre la langue différemment, ça permet d'être en contact avec la langue, de la recevoir et de la pratiquer de manière un peu différente. Et il y a des solidarités qui se sont jouées dans le groupe : on va prendre le temps d'expliquer, de réexpliquer, de reformuler, de traduire.